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Patientera bien qui patientera le dernier

S’il y a dix ans, on m’avait demandé les qualités qu’un auteur doit avoir, je n’aurais jamais pensé à la patience. L’inventivité, la persévérance ou la capacité à bien s’exprimer, oui, bien sûr. Une orthographe impeccable, à la rigueur, même si on fait des miracles avec les correcteurs. Mais la patience, pour quoi faire ?
De l’extérieur, il est difficile de réaliser les gigantesques durées qui séparent la fin d’un premier jet de la parution du roman. Et à chaque étape, il faut s’armer de patience. Petit tour d’étape des obstacles à affronter…

Pour commencer : les corrections

Cette étape est la bête noire de très nombreux auteurs. À titre personnel, j’aime plutôt ça, parce que ça me permet de voir le roman progresser, mais j’ai conscience de faire partie d’une minorité. Et il y a quand même une partie que je n’aime pas : attendre les retours des alpha-lecteurs (qui me listeront ce qui fonctionne ou non). Ces quelques mois sont le moment de tous les doutes, de toutes les inquiétudes. Je me mets à craindre que l’intrigue soit bancale, les personnages trop caricaturaux, que tout le roman soit à jeter… Bref : un moment bien trop long à mon goût (même si objectivement, ça reste des durées raisonnables).

Deuxième difficulté : la recherche d’éditeur

Une fois le roman corrigé, il est temps de l’envoyer à des éditeurs. On peaufine soigneusement le synopsis, la lettre de présentation, et c’est parti ! L’excitation des premiers accusés de réception retombe vite face au silence radio qu’on endure ensuite. Certains auteurs chanceux ont le bonheur de voir leur manuscrit accepté en une poignée de jours, mais d’autres patientent plusieurs mois (voire années). En enchaînant les refus, ou pire : les non-réponses.
Entre auteurs, on en rigole : « « Nous vous répondrons dès que possible », ça veut bien dire d’ici six mois ou un an ? », « Oooh, ils me promettent une réponse « très bientôt », j’aurai peut-être des nouvelles dans deux mois ! ». Mais à la longue, ça fatigue.

Quand il n’y en a plus, il y en a encore : la publication

Ça y est, le roman est accepté, la sortie est proche ! Ou presque… si le plus dur semble fait, il faut encore s’armer de patience. Le contrat peut se laisser désirer plusieurs semaines, sans même parler des négociations qui vont avec. Et la suite du processus éditorial est looooongue. Entre les allers-retours de corrections éditoriales, la relecture du bon à tirer, l’impression et les interminables attentes entre chaque étape, il s’écoule souvent plus d’un an avant la parution. Voire deux ou trois.

Tout cela pour dire : si quelqu’un connaît une astuce pour patienter sans s’arracher trop de cheveux, ça m’intéresse. Pour le moment, le mieux que j’ai trouvé, c’est de m’impliquer à fond dans un autre projet pour oublier le temps qui passe. Tout en actualisant frénétiquement ma boîte mail, des fois que…

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